Interview de Caroline Allard

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vous propose l’interview de Caroline Allard qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions.

Quel est votre parcours professionnel ? Avez-vous une formation particulière dans le domaine de la littérature ou êtes-vous autodidacte ?

Désolée d’utiliser le mot « atypique » hyper tendance mais je pense qu’il s’agit vraiment de celui qui correspond le mieux à ma carrière de trente ans. Jugez plutôt (non, Marion ! Pluto c’est le chien de Mickey !)

Graduat paramédical et secrétariat, agent de voyage avec licence IATA, assistante de direction multilingue, office manager, HRM, consultante pour une société d’intérim, directrice d’hôtel, puis de chaîne hôtelière, puis ouverture d’hôtels à l’étranger, gérante de mes propres chambres d’hôtes, responsable stérilisation d’hôpitaux à Bruxelles, prof de langues en lycée, project manager dans la sécurité, responsable d’un centre de formation…

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’écriture ?

Mon AVC en 2018. J’ai toujours aimé écrire mais je n’en avais pas le temps. Durant ma convalescence, une psy m’a testée sous toutes les coutures et m’a découvert une propension artistique quasi inexploitée. Ma reconversion fut thérapeutique. Après quelques mois entourée de blouses blanches, c’est au cours Florent (option cinéma) puis aux masterclasses de the Artist Academy que j’ai réappris à vivre et à me dépasser.

J’ai suivi à un rythme effréné celles d’écriture dispensées par E. E. Schmitt, Bernard Werber puis Douglas Kennedy. En théâtre, c’est François Berléand qui m’a prodigué ses précieux conseils. Pour faire le lien entre mes deux nouvelles passions, j’ai suivi avec succès les cours d’écriture scénaristique au Pôle Image de Liège. J’ai à mon actif, un roman et autant de nouvelles que de scénarios mais, si certains ont trouvé preneurs, les tournages ont été postposés à cause du COVID.

Comment avez-vous choisi votre nom d’auteur ? Pseudo ou vrai nom ?

J’avais pensé à J. K. Roline (prononcez le tout haut !) juste pour rigoler parce qu’il s’agit des initiales de mes autres prénoms, mais plus sérieusement et assumant les conséquences de mon choix, j’ai décidé d’écrire sous mon vrai nom en hommage à mon papa qui ne m’a laissé que ça. Il est décédé quand j’avais 17 ans. J’ai par contre un vrai problème d’homonymie avec la psychologue et auteure à succès canadienne à qui l’on attribue tous mes livres sur Babelio. J’aurais préféré l’inverse !

Qu’est-ce qui vous inspire dans la vie en général ?

Tout ! Je suis pour l’éclectisme (même si ça fait longtemps que je n’ai pas fait de sport) et choisir c’est renoncer ! Une journée sans apprendre est une journée perdue. J’ai besoin de grain pour mon moulin parce qu’à vide, il broie du noir.

Quelles sont vos méthodes de travail ? Avez-vous des objets fétiches ou des lieux particuliers qui vous aident à travailler ?

J’écris uniquement la nuit à mon domicile. J’habite dans un quartier calme du brabant wallon à 20 minutes de Bruxelles en Belgique. J’ai besoin d’être déconnectée de tout et libérée de ma charge mentale. Je réunis alors toutes les notes dictées à Siri avant de m’en inspirer. Maintenant, vous connaissez même la marque de mon téléphone! J’écris en général jusqu’au réveil de mon mari et puis nous partageons un café avant d’échanger nos places. A moi le lit ! Heureusement pour notre mariage, je n’écris pas tous les jours.

Sinon, j’ai un ancrage en Polynésie qui m’aide beaucoup. Je peux aller rechercher n’importe quelle émotion, même la plus douloureuse, pour écrire ou pour jouer. Ensuite, pour l’oublier, je pars rejoindre l’homme que j’aime (c’est encore et toujours mon mari) sur la plage de Matira et j’y respire le parfum de la fleur de tiaré, je sens le vent, l’eau, le sable blanc sous mes pieds.

Que vous apporte l’écriture ? Reconnaissance, défouloir, bien-être ?

Mon premier roman « Moteur pour Angèle » était une autobiographie fiction, un roman à clef comme disent les anglophones. C’était la première fois que j’écrivais un texte aussi long et tout y est passé, sans retenue. Une véritable catharsis. Certains ont été émus, d’autres choqués. Je me disais que si j’aidais une seule personne à surmonter ses difficultés, j’aurais accompli ma mission. Je peux vous dire que même si ce roman n’a pas fait l’unanimité, les retours de certains m’ont tellement émue que je ne regrette rien.

Aujourd’hui, l’écriture reste un défouloir, une activité, un plaisir créatif mais je n’engage plus grand-chose d’autre que mes idées et mes émotions dans des utopies ou des dystopies. Il ne s’agit plus de ma vie. J’ai appris la distance.

Comment s’appelle votre œuvre ?

Œuvre, comme vous y allez ! Mon roman à clef s’intitule « Moteur pour Angèle » mais ma nouvelle qui fait le plus de bruit s’appelle « HP Dystopia ».

Pouvez-vous me la présenter par un résumé ?

Je ne vais pas vous résumer ma vie, ce serait spoiler mon roman… donc je vais plutôt (encore lui !) vous présenter HP Dystopia paru aux éditions Lamiroy.

Rose est une enfant intelligente et adorable. Aramis est un papa poule, fier et aimant. Une plage paradisiaque sert d’écrin à ce moment de bonheur inoubliable. Le décor idyllique est planté mais les fléaux annoncés aujourd’hui ont été transformés en réalité pour rendre leur monde nettement moins idéal qu’il n’y paraît.

La nouvelle HP Dystopia a été sélectionnée par un collectif d’artistes pour être adaptée en court-métrage.

Qu’est-ce qui vous a inspiré cette œuvre, histoire, personnage ?

Il s’agit au départ d’un exercice d’écriture proposé par Bernard Werber. La méthode d’« autohypnose » m’a amenée vers une petite fille. Au claquement de doigts, Rose était née et son histoire coulait de source inondant des pages entières. Ensuite, je suis allée me coucher. Le lendemain, j’ai découvert la nouvelle à laquelle je n’ai quasi rien modifié avant de la soumettre à mon mari et quelques proches qui l’ont appréciée. Puis, ce fut immédiatement le tour d’un éditeur et d’un réalisateur. La méthode de l’autohypnose peut laisser dubitatif mais je l’ai adoptée pour dépasser les limites de ma personnalité quand je crée un personnage.

Quel mode d’édition ? Maison d’édition ou autoédition ?

Pour mon roman « Moteur pour Angèle », l’autoédition n’était pas un choix. D’ailleurs, je l’avais envoyé fin janvier 2020 à différentes maisons sélectionnées en Belgique ou en France. Le 14 février, jour de la St Valentin, j’ai reçu trois contrats d’édition mais j’ai décidé d’attendre pensant que c’était trop tôt pour me décider. Un mois plus tard, le COVID a mis fin à mes rêves. Les contrats ont été annulés ou postposés, les librairies fermées, la distribution interrompue… J’ai eu peur de disparaitre avec la pandémie, laissant mon manuscrit dans un tiroir que mes enfants videraient probablement sans prendre le temps de le lire. Alors, le 6 avril, en pleine nuit, j’ai réalisé ma couverture, terminé ma mise en page et je l’ai « balancé » sur le net (KDP). Quelques jours plus tard, je n’ai pas résisté au format broché proposé par Amazon.

Pour HP Dystopia, j’avais découvert le format de 5000 mots de la collection Opuscule chez Lamiroy, un éditeur belge. Je leur ai envoyé ma nouvelle et j’ai reçu le contrat dans les 48H. Après, elle a fait son chemin sur Instagram grâce à qui ? Mais à vous !

Quel est le public visé ?

Moteur pour Angèle est un roman initiatique autobiographique et je dois l’admettre, ma vie n’a pas été qu’un long fleuve tranquille. De plus, j’appelle un chat, un chat. Donc, sensibles s’abstenir, même si à la fin le soleil brille.

HP Dystopia est assez noir mais le vocabulaire et l’humour le rendent accessible à tous.

Quelle est la date de sortie ?

Le roman est sorti avril 2020 et la nouvelle a suivi fin juin 2020. Mon prochain recueil est prévu pour début décembre 2020.

Avez-vous un message à faire passer ? Général ou personnel.

Plein ! Mais surtout, je suis « altérophile » sans h. Ce que j’aime chez les gens, ce sont leurs différences. Donc si on pouvait être soi sans déranger les autres, ce serait vraiment un monde idéal, non ?

Si vous avez une ou plusieurs anecdotes, n’hésitez pas !

Plein ! Mais je les garde pour mes prochaines nouvelles.

Allez, une ! Vous êtes la première à avoir rédigé une chronique de mon roman. Le saviez-vous ? Vous m’avez accordé du temps et votre confiance. Les nouveaux auteurs ont bien du mal à se faire lire. Je vous en remercie.

Quels sont vos projets futurs ? Une suite, un film ou une nouvelle œuvre ?

Je suis un membre du collectif des Auteurs Masqués né pendant le confinement. Après les recueils « Histoires de confinés » de juin 2020 et « Tolérance » sorti début septembre 2020, nous travaillons sur le suivant. Je ne vous en dévoile pas encore le thème mais c’est chouette de faire partie de cette aventure. Nous partageons nos avis, nos corrections et les interactions dépassent souvent le cadre de la production littéraire.

Sinon, j’ai actuellement un scénario dont le tournage est en cours et deux autres en attente, merci COVID.

J’écris actuellement des chansons pour un ami bourré de talent, Azzel.

Et demain, j’interprète un petit rôle dans une grosse comédie française, parce que j’aime jouer et que cette activité m’inspire pour l’écriture.

Avez-vous d’autres projets en cours, à venir ou à découvrir ?

J’ai mon propre recueil qui me tient à cœur. Il devrait s’intituler « Des nouvelles de Caro ». Pourquoi pas un roman ? Parce que la plupart des idées me viennent de mes scénarios de court-métrages que j’ai envie de retranscrire. Je pense y alterner des dystopies, des utopies et des comédies pour ne pas plomber l’ambiance, ça m’évitera de vendre la corde ou la balle en produit dérivé !

Quel est votre genre littéraire de prédilection ?

L’éclectisme encore ! Choisir, c’est renoncer, toujours ! Je n’en ai pas.

Pourtant, parce que je m’y suis égarée, je sais ce que je n’aime pas du tout, mais je garde ça pour moi.

Pouvez-vous citer un auteur qui vous inspire ?

Elle va être surprise mais j’ai très envie de la citer parce que j’ai aimé tout ce que j’ai lu d’elle jusqu’ici. Elle est belge et elle a écrit Zebraska. C’est Isabelle Bary. Vous la connaissez ?

Il y a quelques années, je vous aurais cité sans ciller Bernard Lentéric ou Paul Verlaine.

Aujourd’hui, j’apprécie mes trois maîtres d’écriture : Eric Emmanuel Schmitt, Bernard Werber et Douglas Kennedy.

Merci à Caroline pour sa gentillesse et sa joie de vivre. Je lui souhaite une très belle réussite dans ses projets en cours et à venir.

#Interview

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